Lutte contre Boko Haram : Muhammadu Buhari à Maiduguri

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Abuja, 28 novembre 2018 – Le Président du nigérian Muhammadu Buhari s’est rendu à Maiduguri dans l’État de Borno (Nord-Est) – qui se trouve sur la première ligne de la lutte contre Boko Haram – pour ouvrir la conférence annuelle du Chef d’état-major des armées (Chief of Army Staff (COAS) Annual Conference).

La conférence annuelle du COAS réunit les officiers supérieurs de l’armée, ainsi que des fonctionnaires de l’administration, des experts et des universitaires, des représentants de la société civile pour faire le point sur l’évolution sécuritaire dans le pays et dans la région au cours de l’année passée et prévoir l’action pour l’année prochaine. Les recommandations de la conférence sont prises en compte pour améliorer la gestion au sein des forces armées, la formation, la préparation et l’exécution des opérations.

Cette année la conférence était initialement prévue à Benin City (Sud), mais dans le contexte de l’aggravation de la situation sécuritaire la présidence a pris la décision de l’organiser dans la capitale régionale du Nord-Est pour montrer que les autorités sont préoccupées et prêtes à faire face aux attaques de Boko Haram.

Alors que Muhammadu Buhari s’apprête à briguer un second mandat à l’élection présidentielle en février 2019, son bilan sécuritaire est très critiqué par ses rivaux et opposants qui dénoncent le manque de soutien aux troupes épuisées et sous-équipées. Arrivé au pouvoir en mars 2015, notamment sur la promesse qu’il allait mettre un terme à l’insurrection islamiste, le Président, un ancien général, avait rapidement annoncé la victoire sur les combattants de Boko Haram.

Il est vrai que la Force multinationale mixte (FMM, ou Multinational Joint Task Force, MNJTF) réorganisée et renforcée en 2015 avec la participation des militaires du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad pour faire face à Boko Haram, a connu d’importants succès militaires en 2015-2016, poussant les insurgés hors de la plupart des territoires sous leur contrôle. Mais les attaques ont repris avec de plus en plus d’intensité cette année.

Selon l’AFP, depuis le mois de juillet au moins 17 attaques ont été menées contre des bases militaires de l’armée nigériane pour la plupart situées dans la région du pourtour du lac Tchad, une zone contrôlée par les insurgés. La dernière d’ampleur contre Metele, un village situé près de la frontière avec le Niger, le 18 novembre dernier, a fait au moins 43 morts, voire 100, selon certaines sources sécuritaires.

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