Le Niger décrète l’état d’urgence dans trois départements du Sud-Ouest

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Niamey, 30 novembre 2018 – Le gouvernement nigérien vient de déclarer l’état d’urgence dans les départements de Say, Torodi et Téra (région de Tillabéri : Sud-Ouest : zone limitrophe du Burkina Faso), qui subissent régulièrement des attaques de différents groupes armés ces derniers mois. De l’autre côté de la frontière, l’Est du Burkina Faso, est aussi depuis plusieurs mois le théâtre d’attaques jihadistes. Le régime de l’État d’urgence – déjà en vigueur depuis mars 2017 dans cinq autres départements de Tillabéri, en raison d’incursions attribuées à des groupes jihadistes maliens – accordera des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité, dont celui de mener des perquisitions de jour et de nuit. 

Il y a deux semaines, le 17 novembre, deux gendarmes ont été tués et un autre blessé lors d’une attaque par des hommes armés arrivés en moto contre un poste de gendarmerie à Makalondi (département de Torodi), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Niamey, près de la frontière avec le Burkina Faso. Un mois auparavant, le 17 septembre, un prêtre italien qui vivait depuis onze ans au Niger y avait été enlevé par des hommes armés venus sur des motos à son domicile dans cette même région proche de la frontière burkinabée.

L’armée nigérienne s’est déployée la zone des frontières avec le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et le Nigeria pour tenter d’enrayer la spirale d’attaques dans cette région.

Par ailleurs, Niamey avait déjà décrété l’État d’urgence en février 2015 dans la région de Diffa (Sud-Est), qui a non seulement accueilli presque 300 000 réfugiés et déplacés à cause des attaques de Boko Haram, mais subit des incursions meurtrières de la part des insurgés islamistes depuis le Nord-Est du Nigeria. À cause de l’insécurité le gouvernement a dû suspendre les travaux de construction d’une route Niger-Tchad. L’insécurité dans cette zone retarde également la construction d’un oléoduc pour transporter le pétrole nigérien pour le relier à l’axe Tchad-Cameroun.

Huit Nigériens ont été tuées et cinq blessés dans la nuit du 21 au 22 novembre dernier lors d’une attaque attribuée à Boko Haram contre le camp d’une équipe de forage de la société française Foraco dans le village de Toumour dans cette région dans le Sud-Est du Niger, près de la frontière avec le Nigeria. Foraco effectuait deux forages d’eau profonds pour améliorer l’approvisionnement en eau du camp de réfugiés de Toumour situé dans une zone semi-désertique et aride.

Cette attaque est intervenue après plusieurs mois d’accalmie dans la région qui a subi de nombreuses attaques de Boko Haram entre février 2015 et début 2018. Mi-janvier, au moins cinq soldats nigériens avaient été tués près de Toumour.

Répondant à l’aggravation de la situation sécuritaire, Niamey avait annoncé fin avril 2018 une opération militaire régionale d’envergure avec des dispositifs de sécurité renforcés dans le bassin du lac Tchad contre Boko Haram.

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